Crane rasé, petite barbe soignée. T-shirt près du corps, aussi noir que ses lunettes. Portable à la main évidemment... Félix Sanchez a des allures de rock star lorsqu'il s'installe en conférence de presse, hier, pour la présentation du meeting de Mondeville. Il en a le discours aussi, très sûr de lui, mais les comparaisons s'arrêtent là.
Lunette retirée, téléphone rangé, il prend le temps de saluer les gens et de répondre à toutes les questions, aussi franc que souriant. Quels sont ses objectifs en cette année olympique par exemple. « Je veux gagner, lâche-t-il tout naturellement. Entre 2001 et 2004, j'ai dominé ma discipline comme personne ne l'a dominée depuis. Je ne suis plus gêné par les blessures et j'ai repris le rythme d'entraînement qui était le mien quand je remportais toutes mes courses, donc j'y crois. »
C'est dit sans sourciller ni même hausser le ton. Il faut presque prêter l'oreille pour l'entendre, mais le Dominicain n'a pas l'air de bluffer ni même de rouler des mécaniques. Et lorsqu'on lui demande s'il pense avoir encore dans les jambes son record personnel, un 400 mètres haies avalé en 47''25 pour être sacré champion du monde au Stade de France, en 2003, il sourit...
Du haut de ses 35 ans, Félix Sanchez sait que même en courant très vite, l'âge le rattrapera toujours. Le champion olympique d'Athènes en 2004 a d'ailleurs confirmé hier qu'il tirerait sa révérence après les Jeux, mais il veut croire à une retraite dorée, au sens propre du terme. « Je ne suis plus aussi jeune, mais je ne pense pas qu'il faille courir aussi vite qu'à l'époque pour être champion olympique cette année », argumente-t-il.
Plus que tous les discours, le hurdler a conscience que ce sont ses chronos qui le rendront crédible. Pour sa course de rentrée à Bordeaux, samedi dernier, Félix Sanchez s'est imposé en 49''74, deux petits centièmes de plus que le record personnel d'Adrien Clemenceau (49''72 en extérieur).
Tout champion de France qu'il est, le Mondevillais a de quoi être impressionné. Il essaiera de prendre « le train dominicain » en marche samedi pour améliorer lui aussi son temps de référence. Déjà venu Halle d'Ornano en 2010, Félix Sanchez a prévenu : « C'est une salle assez unique, une piste rapide, et c'est formidable d'être aussi proches des gens. Ça donne envie de se surpasser. » Ça promet.
Julien HIPPOCRATE.
Temps forts. Pour cette 10e édition, les organisateurs promettent un meeting « très dense », malgré la baisse du budget sponsoring. Crise oblige. « On en a souffert, reconnaît le responsable du plateau, Florian Rothenmacher. Malgré tout, on a plusieurs stars et un meeting qui s'annonce, sportivement, meilleur que l'année dernière. »
Principales épreuves : le 400 m haies mais aussi la perche avec Mesnil. Le 60 m hommes avec les Français Mbandjock (6''61), Tinmar (6''61) et Lesourd (6''73) face à l'Italien Collio (6''55). Une pléiade d'étrangères dont la Bulgare Lalova (7''21) chez les femmes sur cette distance. On annonce un grand 3 000 m aussi avec l'Éthiopien Abinet venu pour battre son record personnel, en 7'44''20.
Le programme complet. 19 h : séries 60 m haies femmes. 19 h 15 : séries 60 m haies hommes, début du concours de perche. 19 h 25 : 800 m femmes. 19 h 30 : séries 60 m femmes, début du concours de triple saut hommes. 19 h 40 : séries 60 m hommes. 20 h 05 : 800 m hommes. 20 h 15 : finale 60 m haies femmes. 20 h 25 : finale 60 m haies hommes. 20 h 35 : 3 000 m hommes. 20 h 45 : finales 60 m femmes. 20 h 55 : finales 60 m hommes. 21 h : 400 m haies hommes.